
« Au plus haut trône du monde, nous ne sommes jamais assis que sur notre cul. » Michel de Montaigne




Entre le 18 juin 2006 et le 8 juillet 2006, vous avez été plus de 200 000 à signer la pétition « Sauvons là-bas », soit 10 000 par jour pendant 20 jours. Un record inégalé. A ces Auditeurs Modestes et Géniaux nous adressons chaque semaine (ou presque) un rappel du programme de la semaine à (ré)écouter, ainsi que quelques nouvelles du front.
Chers amis,
Chers AMG,
Engagés ! Militants !
Voilà ce qu’on nous répète chaque jour.
Ce à quoi nous répondons :
N’en jetez plus, la cour est pleine !
C’est ce que disaient les musiciens qui chantaient dans les cours quand les pièces de monnaie tombaient des fenêtres, n’en jetez plus ! Nous c’est pareil à Là-bas, tous ces compliments que vous nous adressez, c’est bien, c’est bon, merci, mais n’en jetez plus, pensez un peu aux autres.« Journaliste engagé, journaliste militant ». Ce n’est pas toujours un compliment, c’est vrai, c’est même souvent le contraire, mais pourquoi l’adresser presque uniquement à nous ?
Ne pensez vous pas que certains de nos confrères sont tout aussi engagés, chacun à sa manière, tout aussi militant ? Prenez Patrick de Carolis, apôtre inspiré de Bernadette Chirac et de ses pièces jaunes, qui ira lui faire compliment de son courageux engagement ? 0u bien Jean Marie Colombani qui nous fit partager sa vision éblouie d’une France entièrement américaine, qui saluera le militant ? Ecoutez notre cher Bernard Guetta défendant jusqu’au bout la dernière barricade du Oui, ou Jean-Pierre Elkabbach toujours en première ligne pour la cause de Lagardère et le triomphe de Sarkozy, ne méritent-ils pas eux aussi d’être qualifiés de journalistes militants ou engagés ? Pourquoi réserver ces épithètes à l’équipe de Là-bas ou à quelques journalistes « de gauche » ?
Songez un instant au courage de cet homme qui chaque nuit, s’arrache à la douceur du foyer pour partir dans le froid et la pluie sur un scooter incertain, s’engouffrer dans un ascenseur, courir en vérifiant les dernières nouvelles, avaler le café brûlant qu’une assistante tend au passage, vérifier encore, recouper sur tous les écrans, ajouter fiévreusement quelques chiffres et, à la seconde près, s’asseoir au micro et lancer « Bonjour , c’est Jean Marc Sylvestre » !
Et cela depuis des années avec l’abnégation du missionnaire, la ténacité du militant et la foi du charbonnier. Sans être hélas d’ailleurs toujours bien récompensé en retour. « Quel connard ! », voilà ce qu’on entend trop souvent le matin en France dans les salles de bain, autour des petits-déjeuners et dans les embouteillages, « Quelle foutaise ! ». Eh oui, cruelle ingratitude, mais qui ne se limite pas à l’auditeur de base. Chez les Bolloré, Arnaud ou Pinault, autour du caviar matinal, les maîtres ne sont pas plus cléments envers un serviteur si dévoué. « Cet imbécile en fait trop, il vend la mèche ! ». A la vérité, ces importantes personnes n’ont pas seulement le nez creux, elles sont bien
informées .Dans un livre à paraître, le grand public va découvrir ce que beaucoup dans le métier savent depuis longtemps : JMS est une taupe altermondialiste.
Déjà Lionel Jospin avait révélé un commun passé troskiste et dans la presse iranienne le Téhéran Post évoque, « Un certain JMS parmi les proches conseillers du président Hugo Chavez ». Ces rumeurs pourraient paraître fantaisistes à ceux qui n’ont pas mesuré comment peu à peu chaque matin depuis des années, JMS avec ses chroniques a suscité tant d’indignations, tant de colères, tant de bols renversés et de révoltes envers le néo-libéralisme qu’ il a parfaitement accompli sa mission; dévoiler et faire prendre conscience de l’horreur économique.
En cela en effet JMS est un militant de son temps, le type même du Résistant moderne. Fini maquis, Brigade rouge et cocktails molotov. Aujourd’hui, le militant engagé est au cœur de système, bronzé, costumé, glamour . Son maquillage c’est l’équivalent du passe montagne du sous-commandant Marcos. C’est en étalant ce mélange de fausse impertinence et de vraie servilité, de fausse compassion et de vraie déférence, qu’il finit par provoquer le rejet et bientôt la révolte contre le Parti qu’il est censé incarner, le PPA, le Parti de la Presse et de l’Argent.
Souvenons nous du printemps 2005. En montrant l’indécente promiscuité entre pouvoir médiatique et pouvoir politique dans le grand lit du Oui, ils furent les véritables artisans du triomphe du Non à une Europe ultralibérale !
Aussi chers amis, chers AMG, saluons JMS notre camarade et tout nos camarades qui chaque jour masqués ou non, militent, s’engagent, résistent et oeuvrent à l’émancipation collective et à l’épanouissement de chacun en vue de l’insurrection finale !
Tous ensemble, avec Sally Mara nous leur disons : « Tiens bon la rampe ! »Là-bas
Attention cette semaine, ne pas manquer en exclusivité mondiale pour les AMG !
le premier diaporama sonore de Là-bas.
( la séance diapo du dimanche comme quand on était petit )
« UN RETOUR EN AFGHANISTAN »
Photos, Daniel Mermet,
Réalisation, Yann Chouquet, Giv Anquetil, Franck Cavatz.
Cliquez ICI pour accéder au diaporama
A écouter ou réécouter sur www.la-bas.org
Lundi 20 novembre - L'ivresse des sondages
« Une France noyée sous les sondages... ». Après les entrailles de poulet, c’est dans les chiffres que l’on cherche aujourd’hui à lire l’avenir… Parce que, comme dirait le fou de l’histoire, à cet endroit, il y a de la lumière ? Pas si sûr…
Entretien avec Alain Garrigou, autour de son livre L’ivresse des sondages, publié aux éditions La Découverte.
Emission préparée avec Renaud Lambert.
Mardi 21 novembre - Première fois la mort
Racontez-nous votre première rencontre avec la mort.
Reportage de Sophie Le Chevalier.
Mercredi 22 novembre - Malheur aux « barbus » (1)
A Roissy, 72 salariés ont été interdits de badge par le Préfet. Le badge est ce sésame qui leur permet d’accéder aux zones réservées de l’aéroport et donc de travailler.
Pourquoi ? Musulmans, ils sont susceptibles d’être proches des milieux islamistes et de mouvements terroristes. Beaucoup de conditionnel, de nombreux doutes, mais ni preuves, ni faits avérés et "quelques" incohérences ...
Reportage de Pascale Pascariello et Dillah Teibi
Jeudi 23 novembre - Malheur aux « barbus » (2)
La société Chronopost qui travaille également sur les zones réservées de l’aéroport de Roissy n’a pas respecté les règles de sécurité. Les faits sont avérés et pourtant, contrairement aux 72 salariés privés de badges, Chronopost ne subit aucune sanction de la part du Préfet. Deux poids, deux mesures ?
Reportage de Dillah Teibi
Vendredi 24 novembre - Cornelius Castoriadis
Nouvelle diffusion de l’entretien avec Cornelius Castoriadis réalisé il y 10 ans.
Le philosophe et politologue Cornelius Castoriadis a défini la démocratie et ses conditions de possibilité. Décédé en 1997, le penseur français d’origine grecque a passé une bonne partie de sa carrière à confronter la démocratie comme projet et surtout comme idéal, avec le régime démocratique comme réalité concrète, un régime parfois « bassement » procédural.
Cet entretien du 25 novembre 1996, réalisé par Daniel Mermet avec Cornelius Castoriadis à l’occasion de la sortie de "La montée de l’insignifiance" a été retranscrit aux éditions de l’Aube sous le titre "Post-scriptum sur l’insignifiance".
Et toujours :
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